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Omonville la Rogue

L'église du 13ème siècle : un beau rétable de la Vierge et l'Enfant; un trône de célébrant peu commun et majestueux.

L’église

L’église d’Omonville la Rogue

L'egliseLa construction de l’église Saint Jean-Baptiste d’Omonville la Rogue remonte à la 2e partie du XIIIè siècle. Elle comprend un chœur, une 1ère travée sous le clocher et 2 autres travées. On est surpris de constater l’absence de tout portail sur la façade occidentale, alors que 2 porches importants desservent la première travée de la nef. L’explication peut être la suivante : dès l’origine de la construction s’élevait une tribune qui prenait appui sur les massifs débordants de cette travée, elle donnait accès à deux chambres hautes où des peintures murales, couvrent partiellement les murs.

Les scènes peintes sur les murs de la chambre nord, représentent d’après la légende, l’assassinat de Saint- Hélier, quant à la chambre sud, les peintures retracent le meurtre de Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry le 29 décembre 1170. Ces peintures datent de la fin du XIIIe siècle.

Au XVIIe siècle le portail sud fut condamné et celui-ci transformé en chapelle des fonts baptismaux. La chapelle nord qui s’ouvre sur le chœur fut construite de 1662 à 1667, la construction de la sacristie remonte à la même époque, mais elle a été modifiée en 1865 pour permettre de dégager et de mettre en vitraux les trois baies du chœur obstruées par la toiture de la sacristie. Un ex-voto marin représentant un 3 mâts orne l’une des voûtes comme dans beaucoup d’églises littorales de la Hague.

La chapelle le retable et sa vierge

La construction de la chapelle nord qui s’ouvre sur le chœur a pour origine un profond différent qui opposait les 2 seigneurs du lieu : Pierre de St Mère Eglise  et  Jacques de  Surtainville.
En effet ces 2 seigneurs revendiquaient chacun leur droit honorifique dans l’église, le tribunal  trancha et obligea ceux-ci à construire chacun sa chapelle.
Après autorisation de l’Evêque en 1657, Pierre de St Mère édifia celle-ci, l’autre ne le fit pas, les 2 familles s’étant réunies par mariage.
Autel de la chapelle, son gradin, son tabernacle, son retable, ses guirlandes, les  éléments de la gloire et les 2 lambris latéraux.
Bois peint et partiellement doré,  éléments du XVIIIe , réemployés au XXIe siècle. Vierge à l’enfant, bois peint polychromé sous  badigeon, cette vierge est la seule statut de l’église qui échappa à la tourmente révolutionnaire. Un habitant du village l’acheta en 1789, la cacha dans son grenier et la conserva jusqu’en 1796 date de réouverture de l’église.

LA CROIX DU TOURP OU CROIX DES 30 ANGLAIS
Une tradition veut que  30 soldats anglais aient été occis lors de la guerre de 100 ans par les français, et enterrés ici

Trône de célébrant ou les mystères du Rosaire

Trone de celebrant ou les mysteres du rosaireCe meuble est une pièce unique en son genre
A-t-il été, à l’origine, un trône abbatial ou un siège monumental de château ?
Il porte le blason des De Coskaer de Rosanbo, illustre famille de la noblesse bretonne, ainsi que le blason des armes de Bretagne.
Le dosseret comporte quinze bas-reliefs des Mystères du Rosaire, un bas-relief du Père Éternel, ainsi que deux pilastres ornés de pampres.  Bois sculptés, peint et doré.
4 panneaux latéraux  XVIe  siècle.
14 panneaux d’un retable du Rosaire  1e moitié  du XVIIe siècle.
Père Éternel  XVIIIe siècle.
1 panneau représentant l’Arbre de vie et la Crucifixion XVIIe siècle.
Pilastres  fin XVIIIe début du XIXe siècle.
Baldaquin et ses deux consoles dans un montage du XIXe siècle, de style renaissance. Ce montage a été réalisé vers 1872-1885 par le Vicomte  René de Tocqueville.
Les motifs sculptés sur le grand panneau du dossier présentent l’ensemble des Mystères du Rosaire que l’artiste nous conte avec gravité et minutie.
C’est avec délice et presque avec sourire que l’on détaille leurs gestes et leurs expressions.
Ils caractérisent bien cette époque où le livre n’étant pas très introduit, l’œuvre sculptée se voulait non seulement un acte de foi, mais aussi accessible aux humbles.
On pourrait presque, en voyant ce chef-d’œuvre, parler des livres d’images et des bandes dessinées.
Ce trône provient du château de Tourlaville, il en  a été fait don en 1935 par monsieur Panzani à monsieur Edmond Duval, maire d’Omonville la Rogue.

La tentation de Saint Antoine

(Jacques CALLOT 1592-1635)

Estampes eau-forte du 17 ème siècle retirée au 19 ème, représentant, dans un paysage fantasmagorique dominé par un gigantesque Satan vomissant nombre de diablotins, se bousculent animaux extraordinaires, créatures monstrueuses, autour de la  femme « Tentation « , assise sur un squelette.
Saint Antoine, minuscule être humain, écrasé par la proximité de pans de murs d’un palais en ruines, dans lequel se donne un concert fantastique, lève sa croix, accessoire à l’aspect dérisoire mais qui le protège des démons : triomphe de la Vertu sur les attaques de l’Enfer.