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Omonville la Rogue

Ses plages de galets à l'abri des falaises et son port toujours en eau.

Le port

Le portOmonville  est célèbre surtout par son petit port, « le hâble » forme fréquente en Normandie, du français havre, un havre étant un petit port naturel ou artificiel, entouré de coteaux, où l’on respire cette odeur de varech et goudron spéciale aux ports de pêche.

Le port d’Omonville est un des plus vieux ports de la région, remontant à l’antiquité. Il existait sans doute au temps des gaulois, des romains, des normands qui, les uns et les autres, commerçaient avec l’Angleterre. Bien desservi dans l’antiquité, deux voies romaines le reliaient, l’une à Valognes, l’autre à Portbail, important port romain face à jersey, cette voie romaine subsistait encore au moyen âge, on en trouve mention dans un cartulaire du XII ème siècle. Il abrita, les pirates normands et plus près de nous de nombreux corsaires. Le dernier corsaire à croiser dans les eaux de la Hague sera le «  renard » armé par Robert Surcouf, les corsaires trouvaient à Omonville un refuge, cela leur permettait d’être prêts à s’élancer sur les navires ennemis croisant au large. Il fut aussi le refuge des bateaux qui faisaient du trafic frauduleux avec les iles Anglo-Normandes et l’Angleterre.

Bien abrité, jamais à sec, les marins considéraient alors ce port comme le meilleur mouillage du département. La crique est en effet profonde et sûre.
En 1699 monsieur de Vauban, visitant les côtes de Normandie, pensait  que la fosse d’Omonville, petit port sauvage, pouvait être un refuge pour les vaisseaux de guerre et marchands. Après avoir donné le détail des travaux et transformations à effectuer, sa conclusion était : Que ce port sera merveilleux pour tous ceux qui auront manqué le raz, ou qui seront poursuivis des gardes côtes ennemis, ou battus des mauvais temps. Il sera sûr, on y pourra entrer de basse mer, il excitera de plus, un petit commerce qui bonifiera et mettra en valeur ce coin de pays, de lui-même sec et aride et bien différent des autres cantons de Normandie.

Pendant les guerres de la république et de l’empire, un convoyeur fut affecté à la protection du cabotage. La construction de  la digue de Cherbourg et les nécessités des navires de guerre  modernes devaient mettre fin à cette destination militaire du port d’Omonville la rogue qui reste, cependant, un petit port de pêche très pittoresque, au milieu duquel des bateaux de pêche se balancent sur leurs amarres, même si son rôle, là encore, a diminué, du fait du développement de la pêche industrielle et de l’attirance du port de Cherbourg.
A plusieurs reprises, au milieu du 19 ème siècle, la population d’Omonville demanda au conseil général, la construction d’une jetée, afin de mettre les bateaux de pêche en sécurité. A cette époque il y en avait une quarantaine. Y étaient basés également, la patache de la douane et quelques petits caboteurs affectés au transport de goémon. Lorsque le vent passait secteur nord est ,la sécurité des bâtiments était compromise, d’où l’intérêt d’une jetée.Jusque dans la seconde moitié du 19 ème siècle, les routes carrossables n’existant pratiquement pas dans la Hague, Omonville fut le port de commerce fort utile pour écouler la production agricole ou artisanale de toute la pointe de la Hague.

C’est en 1875 qu’enfin les travaux de construction de la jetée purent démarrer, ils durèrent 3 ans. Elle fut réalisée avec des pierres de la carrière locale, mais au lieu des 425 mètres prévus, c’est-à-dire jusqu’à la tourelle de l’Etonard; elle ne mesura que 226 mètres, suite à des restrictions budgétaires.
Depuis plus de 300 ans, les usagers du port réclament la fermeture complète du port d’Omonville, pour être à l’abri  des vents de nord,  nord-est, et satisfaction ne leur est toujours pas donnée.

De nombreux yachts, durant la belle saison, s’y donnent rendez-vous.